De l’usage de se vestir

Leyendo las Notas sobre el cinematógrafo de Robert Bresson encuentro una mención al capítulo XXI del Libro I de los Essais de Montaigne (De la costumbre de vestirse). Busco en una edición en español y aparece en el capítulo XXXV, mientras que en la francesa en el XXXVI, insoldables (y triviales) misterios.

Ou que je vueille donner, il me faut forcer quelque barriere de la coustume, tant ell’ a soigneusement bridé toutes nos avenues. Je devisoy, en cette saison frileuse, si la façon d’aller tout nud de ces nations dernierement trouvées, est une façon forcée par la chaude temperature de l’air, comme nous disons des Indiens et des Mores, ou si c’est l’originele des hommes. Les gens d’entendement, d’autant que tout ce qui est soubs le ciel, comme dit la saincte parole, est subject à mesmes loix, ont accoustumé, en pareilles considerations à celles icy, où il faut distinguer les loix naturelles des controuvées, de recourir à la generalle police du monde, où il n’y peut avoir rien de contrefaict. Or, tout estant exactement fourny ailleurs de filet et d’éguille pour maintenir son estre, il est, à la verité, mécreable que nous soyons seuls produits en estat deffectueux et indigent, et en estat qui ne se puisse maintenir sans secours estrangier. Ainsi je tiens que, comme les plantes, arbres, animaux et tout ce qui vit, se treuve naturellement equippé de suffisante couverture, pour se deffendre de l’injure du temps,

Proptereaque ferè res omnes aut corio sunt,
Aut seta, aut conchis, aut callo, aut cortice tectae,

aussi estions nous ; mais, comme ceux qui esteignent par artificielle lumiere celle du jour, nous avons esteint nos propres moyens par les moyens empruntez. Et est aisé à voir que c’est la coustume qui nous faict impossible ce qui ne l’est pas : car, de ces nations qui n’ont aucune connoissance de vestemens, il s’en trouve d’assises environ soubs mesme ciel que le nostre ; et puis la plus delicate partie de nous est celle qui se tient tousjours descouverte :les yeux, la bouche, le nez, les oreilles ; à noz contadins, comme à noz ayeulx, la partie pectorale et le ventre. Si nous fussions nez avec condition de cotillons et de greguesques, il ne faut faire doubte que nature n’eust armé d’une peau plus espoisse ce qu’elle eust abandonné à la baterie des saisons, comme elle a faict le bout des doigts et plante des pieds. Pourquoy semble-il difficile à croire ? Entre ma façon d’estre vestu, et celle d’un païsan de mon païs, je trouve bien plus de distance qu’il n’y a de sa façon à un homme qui n’est vestu que de sa peau. Combien d’hommes, et en Turchie sur tout, vont nuds par devotion. Je ne sçay qui demandoit à un de nos gueux qu’il voyoit en chemise en plain hyver, aussi scarrebillat que tel qui se tient emmitonné dans les martes jusques aux oreilles, comme il pouvoit avoir patience : Et vous, monsieur, respondit-il, vous avez bien la face descouverte ; or moy, je suis tout face. Les Italiens content du fol du Duc de Florence, ce me semble, que son maistre s’enquerant comment, ainsi mal vestu, il pouvoit porter le froid, à quoy il estoit bien empesché luy mesme : Suivez, dict-il, ma recepte de charger sur vous tous vos accoustremens, comme je fay les miens, vous n’en souffrirez non plus que moy. Le Roy Massinissa jusques à l’extreme vieillesse ne peut estre induit à aller la teste couverte, par froid, orage et pluye qu’il fit. Ce qu’on dit aussi de l’Empereur Severus. Aux batailles données entre les Aegyptiens et les Perses, Herodote dict avoir esté remarqué et par d’autres et par luy, que, de ceux qui y demeuroient morts, le test estoit sans comparaison plus dur aux Aegyptiens qu’aux Persiens, à raison que ceux icy portent leurs testes tousjours couvertes de beguins et puis de turbans, ceux-là rases des l’enfance et descouvertes. Et le roy Agesilaus observa jusques à sa decrepitude de porter pareille vesture en hyver qu’en esté. Caesar, dict Suetone, marchoit tousjours devant sa troupe, et le plus souvent à pied, la teste descouverte, soit qu’il fit Soleil ou qu’il pleut ; et autant en dict on de Hannibal,

tum vertice nudo
Excipere insanos imbres caelique ruinam.

Un Venitien qui s’y est tenu long temps, et qui ne fait que d’en venir, escrit qu’au Royaume du Pégu, les autres parties du corps vestues, les hommes et les femmes vont tousjours les pieds nuds, mesme à cheval. Et Platon conseille merveilleusement, pour la santé de tout le corps, de ne donner aux pieds et à la teste autre couverture que celle que nature y a mise. Celuy que les Polonnois ont choisi pour leur Roy apres le nostre, qui est à la verité un des plus grands Princes de nostre siecle, ne porte jamais gans, ny ne change, pour hyver et temps qu’il face, le mesme bonnet qu’il porte au couvert. Comme je ne puis souffrir d’aller desboutonné et destaché, les laboureurs de mon voisinage se sentiroient entravez de l’estre. Varro tient que, quand on ordonna que nous tinsions la teste descouverte en presence des Dieux ou du Magistrat, on le fit plus pour nostre santé, et nous fermir contre les injures du temps, que pour compte de la reverence.

Et puis que nous sommes sur le froid, et François accoustumez à nous biguarrer (non pas moy, car je ne m’habille guiere que de noir ou de blanc, à l’imitation de mon pere), adjoustons, d’une autre piece, que le Capitaine Martin du Bellay dict, au voyage de Luxembourg, avoir veu les gelées si aspres, que le vin de la munition se coupoit à coups de hache et de coignée, se debitoit aux soldats par poix, et qu’ils l’emportoient dans des paniers. Et Ovide, à deux doigts prez :

Nudaque consistunt formam servantia testae
Vina, nec hausta meri, sed data frusta bibunt.

Les gelées sont si aspres en l’emboucheure des Palus Maeotides, qu’en la mesme place où le Lieutenant de Mithridates avoit livré bataille aux ennemis à pied sec et les y avoit desfaicts, l’esté venu il y gaigna contre eux encore une bataille navale. Les Romains souffrirent grand desadvantage au combat qu’ils eurent contre les Carthaginois près de Plaisance, de ce qu’ils allerent à la charge le sang figé et les membres contreints de froid, là où Annibal avoit faict espandre du feu par tout son ost, pour eschauffer ses soldats, et distribuer de l’huyle par les bandes, afin que, s’oignant, ils rendissent leurs nerfs plus souples et desgourdis, et encroustassent les pores contre les coups de l’air et du vent gelé qui tiroit lors. La retraite des Grecs, de Babylone en leur païs, est fameuse des difficultez et mesaises qu’ils eurent à surmonter. Cette cy en fut, qu’accueillis aux montaignes d’Armenie d’un horrible ravage de neiges, ils en perdirent la connoissance du païs et des chemins, et, en estant assiegés tout court, furent un jour et une nuit sans boire et sans manger, la plus part de leurs bestes mortes ; d’entre eux plusieurs morts, plusieurs aveugles du coup du gresil et lueur de la neige, plusieurs stropiés par les extremitez, plusieurs roides, transis et immobiles de froid, ayants encore le sens entier. Alexandre veit une nation en laquelle on enterre les arbres fruittiers en hiver, pour les defendre de la gelée. Sur le subject de vestir, le Roy de la Mexique changeoit quatre fois par jour d’accoustremens, jamais ne les reiteroit, employant sa desferre à ses continuelles liberalitez et recompenses ; comme aussi ny pot, ny plat, ny ustensile de sa cuisine et de sa table ne luy estoient servis à deux fois.

[Traducción de Constantino Román y Salamero: Cualquiera que sea el asunto de que yo trate, siempre me precisa ir en algún respecto contra los usos recibidos; en tal grado éstos han tomado todas las- avenidas. Reflexionaba yo en esta fría estación del año si la costumbre de ir completamente desnudos en esas naciones últimamente descubiertas, la determina la temperatura cálida del aire, como vemos en los indios y en los moros, o si obedece a natural necesidad del hombre. Las gentes de entendimiento se han hecho con frecuencia consideraciones parecidas, puesto que todo cuanto cobija la bóveda celeste, como dice al Sagrada Escritura, está sujeto a las mismas leyes, entre las cuales se trata de distinguir las que son naturales de las que fueron falseadas, y de recurrir para buscar la razón primordial de las cosas al general gobierno del mundo, donde nada contrahecho puede haber. De suerte que, hallándose todos los seres vivos provistos de aguja o hilo para cubrir sus desnudeces, no es creíble que seamos sólo nosotros los que no podamos subsistir sin extraño auxilio. Así yo entiendo que como las plantas, los árboles, los animales y o por cuanto vive se encuentra por la naturaleza dotado de suficiente cobertura para defenderse de las injurias del tiempo, Proptercaque fere res omnes, aut corio sunt / aut seta, aut conchis, aut callo, aut cortice, tectaede igual beneficio gozábamos nosotros, pero como aquellos que  prescinden de la luz del día para servirse de la artificial, hemos ahogado nuestros medios naturales para echar mano de los ajenos. // Es bien fácil convencerse de que la costumbre es la que nos hace imposible lo que en realidad no lo es, pues entre los pueblos que desconocen toda clase de vestidos los hay que están situados bajo un cielo semejante al nuestro, y también existen otros en que la temperatura es más ruda que la de nuestros climas. Consideremos además que las partes más delicadas de nuestro cuerpo las llevamos siempre al descubierto: los ojos, la boca, las narices y las orejas; y nuestros campesinos, como nuestros abuelos, llevan desnudos el pecho y el vientre. Si hubiéramos venido al mundo con el deber de vestir refajos y gregüescos, la naturaleza nos hubiera armado de una piel más resistente en el resto del cuerpo para soportar las intemperies, como ocurre con las yemas de los dedos y las plantas de los pies. Entre mi traje y el de un labriego de mi país encuentro mayor diferencia que entre su vestido y el de un hombre que va completamente desnudo. ¡Cuántos hombres hay, en Turquía sobre todo, que van en cueros vivos por practicar un acto devoto! No recuerdo quién preguntaba a un mendigo, a quien veía en camisa en pleno invierno, tan alegre como cualquiera otro que se tapa hasta las orejas, cómo podía vivir con tan ligero traje. «Usted, señor, respondió el interpelado, tiene la faz descubierta; pues bien suponga que yo soy todo faz.» Cuentan los italianos del bufón del duque de Florencia, que, preguntado por su amo cómo yendo tan mal ataviado podía resistir el frío, que él apenas soportaba, respondió: «Seguid mi ejemplo; echaos encima todos vuestros vestidos, como hago yo con los míos, y no tendréis frío ninguno.» El rey Masinisa no pudo nunca acostumbrarse a llevar cubierta la cabeza hasta que llegó a la vejez extrema, y soportaba así el frío, las tormentas y las lluvias. Lo propio se cuenta del emperador Severo. Refiere Herodoto, que en los combates de los egipcios y los persas, entre los que morían por haber recibido heridas en el cráneo, oponían mucha mayor resistencia los primeros que los segundos, en atención a que éstos llevaban siempre sus cabezas cubiertas con gorros y turbantes. Los egipcios llevaban las suyas rapadas desde la infancia y siempre a la intemperie. El rey Agesilao vistió siempre igual traje en invierno y en verano hasta la vejez más caduca. Según Suetonio, César marchaba constantemente a la cabeza de sus tropas, generalmente a pie, sin nada en la cabeza, lo mismo cuando hacía sol que cuando llovía. Otro tanto se dice de Aníbal, Tum vertice nudo / excipere insanos imbres, caelique ruinam. // Un veneciano que acaba de llegar del Perú, donde ha permanecido largo tiempo escribe que en aquellas regiones las gentes van descalzas hasta cuando cabalgan, y llevan cubiertas las demás partes del cuerpo. Platón aconseja expresamente, que para la conservación de la salud lo mejor de todo es llevar desnudos los pies y la cabeza. El monarca que los polacos han elegido para que los gobierne, después del nuestro, y que es en verdad uno de los príncipes más grandes de nuestro siglo, no lleva nunca guantes; así en invierno como en verano usa el mismo bonete en la calle con que se cubre la cabeza en su casa. De la propia suerte que yo no puedo tolerar el ir desabotonado ni con los vestidos sueltos, los jornaleros de mi vecindad se violentarían si lo fueran. Dice Varrón que al ordenar que permanezcamos con la cabeza descubierta en presencia de los dioses o del magistrado, se atiende más a nuestra salud y a fortalecernos contra las injurias del tiempo que al respeto y reverencia. Y puesto que hablamos del frío, y como franceses estamos habituados a abígarrarnos (aunque esto no reza conmigo, pues no me visto sino de negro o de blanco, a imitación de mi padre) añadamos otro sucedido. Refiere el capitán Martín del Bellay que en su viaje al Luxemburgo vio heladas tan terribles, que el vino de la guarnición se cortaba a hachazos y se pesaba al entregarlo a los soldados, que lo llevaban en cestos. Y Ovidio: Nudaque consistunt formam servantia testae / vina, nec hausta meri, sed data frusta, bibunt. // Las heladas son tan rudas en la embocadura del Palus Meotides, que en el mismo lugar en que el lugarteniente de Mitrídates libró a pie enjuto una batalla contra sus enemigos, llegado el verano ganó contra los mismos un combate naval. Los romanos experimentaron desventaja grande en el que sostuvieron contra los cartagineses cerca de Plasencia por haber entrado en la lid con la sangre congelada y los miembros ateridos por el frío; mientras que Aníbal mandó hacer hogueras para que se calentaran sus soldados, y además distribuyó aceite entre ellos a fin de que se untaran y vivificaran sus nervios, y también para que se cerrasen los poros contra el cierzo helado que reinaba. // La retirada de los griegos de Babilonia a su país es famosa por las dificultades y trabajos que tuvieron que vencer. Sorprendidos en las montañas de Armenia por una horrible tempestad de nieves, perdieron el conocimiento del lugar en que se hallaban y el de los caminos; y viéndose detenidos de pronto, permanecieron un día y una noche sin comer ni beber. La mayor parte de los animales que llevaban sucumbieron, y también muchos hombres; a otros cegó el granizo y el resplandor de la nieve; otros se quedaron cojos y muchos transidos, rígidos o inmóviles, conservando entera la lucidez de sus facultades. // Alejandro vio una nación en que se enterraban los árboles frutales durante el invierno para resguardarlos de las heladas. En nuestro país podemos también ver igual costumbre. En punto a trajes, el rey de Méjico cambiaba cuatro veces al día sus vestiduras; nunca se servía de uno mismo dos veces, y empleaba tan gran deshecho en sus continuas liberalidades y recompensas. Tampoco usaba más que una sola vez de los jarros, platos y otros utensilios de mesa y cocina.]

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