La obra maestra

Fragmento de Le Chef-d’œuvre inconnu de Honoré de Balzac, una de sus obras más enigmáticas y maravillosas. Una reflexión sobre el arte que tiene como personajes principales a Nicolas Poussin y a François Porbus y que tuvo como fanáticos admiradores a Picasso y a Rivette, que en 1991 llevó la nouvelle al cine bajo el nombre La Belle Noiseuse. 

— Entrez, entrez, leur dit le vieillard rayonnant de bonheur. Mon œuvre est parfaite, et maintenant je puis la montrer avec orgueil. Jamais peintre, pinceaux, couleurs, toile et lumière ne feront une rivale à Catherine Lescault, la belle courtisane.
En proie à une vive curiosité, Porbus et Poussin coururent au milieu d’un vaste atelier couvert de poussière, où tout était en désordre, où ils virent çà et là des tableaux accrochés aux murs. Ils s’arrêtèrent tout d’abord devant une figure de femme de grandeur naturelle, demi-nue, et pour laquelle ils furent saisis d’admiration.
— Oh ! ne vous occupez pas de cela, dit Frenhofer, c’est une toile que j’ai barbouillée pour étudier une pose, ce tableau ne vaut rien. Voilà mes erreurs, reprit-il en leur montrant de ravissantes compositions suspendues aux murs, autour d’eux.
À ces mots, Porbus et Poussin, stupéfaits de ce dédain pour de telles œuvres, cherchèrent le portrait annoncé, sans réussir à l’apercevoir.

— Eh ! bien, le voilà ! leur dit le vieillard dont les cheveux étaient en désordre, dont le visage était enflammé par une exaltation surnaturelle, dont les yeux pétillaient, et qui haletait comme un jeune homme ivre d’amour. —— Ah ! ah ! s’écria-t-il, vous ne vous attendiez pas à tant de perfection ! Vous êtes devant une femme et vous cherchez un tableau. Il y a tant de profondeur sur cette toile, l’air y est si vrai, que vous ne pouvez plus le distinguer de l’air qui nous environne. Où est l’art ? perdu, disparu ! Voilà les formes mêmes d’une jeune fille. N’ai-je pas bien saisi la couleur, le vif de la ligne qui paraît terminer le corps ? N’est-ce pas le même phénomène que nous présentent les objets qui sont dans l’atmosphère comme les poissons dans l’eau ? Admirez comme les contours se détachent du fond ! Ne semble-t-il pas que vous puissiez passer la main sur ce dos ? Aussi, pendant sept années, ai-je étudié les effets de l’accouplement du jour et des objets. Et ces cheveux, la lumière ne les inonde-t-elle pas ?… Mais elle a respiré, je crois !… Ce sein, voyez ? Ah ! qui ne voudrait l’adorer à genoux ? Les chairs palpitent. Elle va se lever, attendez.
— Apercevez-vous quelque chose ? demanda Poussin à Porbus.
— Non. Et vous ?
— Rien.
Les deux peintres laissèrent le vieillard à son extase, regardèrent si la lumière, en tombant d’aplomb sur la toile qu’il leur montrait, n’en neutralisait pas tous les effets. Ils examinèrent alors la peinture en se mettant à droite, à gauche, de face, en se baissant et se levant tour à tour.
— Oui, oui, c’est bien une toile, leur disait Frenhofer en se méprenant sur le but de cet examen scrupuleux. Tenez, voilà le châssis, le chevalet, enfin voici mes couleurs, mes pinceaux.
Et il s’empara d’une brosse qu’il leur présenta par un mouvement naïf.
— Le vieux lansquenet se joue de nous, dit Poussin en revenant devant le prétendu tableau. Je ne vois là que des couleurs confusément amassées et contenues par une multitude de lignes bizarres qui forment une muraille de peinture.
— Nous nous trompons, voyez ?… reprit Porbus.
En s’approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tous, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme ; mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme un torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d’une ville incendiée.
— Il y a une femme là-dessous, s’écria Porbus en faisant remarquer à Poussin les couches de couleurs que le vieux peintre avait successivement superposées en croyant perfectionner sa peinture.
Les deux peintres se tournèrent spontanément vers Frenhofer, en commençant à s’expliquer, mais vaguement, l’extase dans laquelle il vivait.
— Il est de bonne foi, dit Porbus.
— Oui, mon ami, répondit le vieillard en se réveillant, il faut de la foi, de la foi dans l’art, et vivre pendant longtemps avec son œuvre pour produire une semblable création. Quelques-unes de ces ombres m’ont coûté bien des travaux. Tenez, il y a là sur la joue, au-dessous des yeux, une légère pénombre qui, si vous l’observez dans la nature, vous paraîtra presque intraduisible. Eh ! bien, croyez-vous que cet effet ne m’ait pas coûté des peines inouïes à reproduire ? Mais aussi, mon cher Porbus, regarde attentivement mon travail, et tu comprendras mieux ce que je te disais sur la manière de traiter le modelé et les contours. Regarde la lumière du sein, et vois comme, par une suite de touches et de rehauts fortement empâtés, je suis parvenu à accrocher la véritable lumière et à la combiner avec la blancheur luisante des tons éclairés ; et comme par un travail contraire, en effaçant les saillies et le grain de la pâte, j’ai pu, à force de caresser le contour de ma figure, noyé dans la demi-teinte, ôter jusqu’à l’idée de dessin et de moyens artificiels, et lui donner l’aspect et la rondeur même de la nature. Approchez, vous verrez mieux ce travail. De loin, il disparaît. Tenez ? là il est, je crois, très remarquable.
Et du bout de sa brosse, il désignait aux deux peintres un pâté de couleur claire.
Porbus frappa sur l’épaule du vieillard en se tournant vers Poussin : — Savez-vous que nous voyons en lui un bien grand peintre ? dit-il.
— Il est encore plus poète que peintre, répondit gravement Poussin.
— Là, reprit Porbus en touchant la toile, finit notre art sur terre.
— Et de là, il va se perdre dans les cieux, dit Poussin.
— Combien de jouissance sur ce morceau de toile ! s’écria Porbus.
Le vieillard absorbé ne les écoutait pas, et souriait à cette femme imaginaire.
— Mais, tôt ou tard, il s’apercevra qu’il n’y a rien sur sa toile, s’écria Poussin.
— Rien sur ma toile, dit Frenhofer en regardant tour à tour les deux peintres et son prétendu tableau.
— Qu’avez-vous fait ! répondit Porbus à Poussin.
Le vieillard saisit avec force le bras du jeune homme et lui dit : —— Tu ne vois rien, manant ! maheustre ! bélître ! bardache ! Pourquoi donc es-tu monté ici ? —— Mon bon Porbus, reprit-il en se tournant vers le peintre, est-ce que, vous aussi, vous vous joueriez de moi ? répondez ? je suis votre ami, dites, aurais-je donc gâté mon tableau ?
Porbus, indécis, n’osa rien dire ; mais l’anxiété peinte sur la physionomie blanche du vieillard était si cruelle, qu’il montra la toile en disant : —— Voyez !
Frenhofer contempla son tableau pendant un moment et chancela.
— Rien, rien ! Et avoir travaillé dix ans !
Il s’assit et pleura.
— Je suis donc un imbécile, un fou ! je n’ai donc ni talent, ni capacité, je ne suis plus qu’un homme riche qui, en marchant, ne fait que marcher ! Je n’aurai donc rien produit.
Il contempla se toile à travers ses larmes, il se releva tout à coup avec fierté, et jeta sur les deux peintres un regard étincelant.
— Par le sang, par le corps, par la tête du Christ, vous êtes des jaloux qui voulez me faire croire qu’elle est gâtée pour me la voler ! Moi je la vois ! cria-t-il, elle est merveilleusement belle.

[Traducción de Francisco Rivera: —Adelante, pasad adelante, dijo el anciano radiante de dicha. Mi obra es perfecta y ahora puedo mostrarla con orgullo. Nunca ningún pintor ni sus pinceles, sus colores, su lienzo o su luz podrán crear una rival a Catherine Lescault, la bella cortesana.
Dominados por una vivísima curiosidad, Porbus y Poussin corrieron hasta el centro de un vasto estudio cubierto de polvo, en el que todo se hallaba desordenado, donde podían verse aquí y allá cuadros colgados de las paredes. Se pararon primero que todo ante una figura de mujer de tamaño natural, semidesnuda, ante la cual se pasmaron de admiración.
—¡Oh! no os ocupéis de eso, dijo Frenhofer, es un lienzo que pintarrajeé para estudiar una pose. Ese cuadro no vale nada. Estos son mis errores, continuó, mostrándoles encantadoras composiciones colgadas en las paredes alrededor de ellos.
Al oír esas palabras, Porbus y Poussin, estupefactos del desprecio de Frenhofer hacia esas obras, buscaron el retrato anunciado sin lograr verlo.
—¡Pues, aquí está! dijo el anciano con los cabellos desordenados, el rostro enardecido por una exaltación sobrenatural, los ojos encendidos y la voz temblorosa, todo lo cual contribuía a darle el aspecto de un joven embriagado de amor. —¡Ah!, exclamó, no esperabais tanta perfección. Estáis ante una mujer y buscáis un cuadro. Hay tanta profundidad en este lienzo, la atmósfera es tan auténtica que no podéis distinguirla del aire que os rodea. ¿Dónde está el arte? ¡Perdido, desaparecido! Esas son las formas de una joven. ¿No he captado yo bien el color y la vivacidad de la línea que parece terminar el cuerpo? ¿No es verdad que se trata del mismo fenómeno que nos presentan los objetos, inmersos en la atmósfera como los peces lo están en el agua? Admirad cómo los contornos se distancian del fondo. ¿No causa la impresión de que se pudiera pasar la mano por esa espalda? Durante siete años he estudiado la unión de la luz con los objetos. Y esos cabellos… ¿veis cómo la luz los inunda? Creo que está respirando… ¿Veis ese seno? ¡Ah! ¿Quién no quisiera adorarla de rodillas? Sus carnes palpitan. Va a levantarse de un momento a otro, esperad.
—¿Percibe algo? le preguntó Poussin a Porbus.
—No. ¿Y usted?
—Nada.
Los dos pintores dejaron al anciano entregado a su éxtasis, trataron de observar si la luz que caía verticalmente sobre el lienzo neutralizaba todos sus efectos. Examinaron la pintura colocándose a la derecha, a la izquierda, bajando la cabeza, subiéndola.
—Sí, sí. Se trata en verdad de un lienzo, señores, les dijo Frenhofer, engañándose en lo tocante a ese examen escrupuloso. Mirad: éste es el bastidor, éste es el caballete; aquí están mis pinceles y mis pinturas.
Y cogió una brocha que les presentó con un ímpetu ingenuo.
—El viejo lansquenete se está burlando de nosotros, dijo Poussin volviendo ante el supuesto cuadro. Sólo veo en él colores confusamente amontonados y contenidos por una multitud de líneas extrañas que forman un muro de pintura.
—Estamos engañados ¿ve?… elijo a su vez Porbus.
Acercándose, vieron en una esquina del lienzo la punta de un pie desnudo que salía de ese caos de colores, de tonos, de matices indecisos, de esa especie de bruma sin forma; ¡pero un pie delicioso, un pie vivo! Permanecieron petrificados de admiración ante ese fragmento que se había salvado de una increíble, lenta y progresiva destrucción. El pie aparecía allí como el torso de una Venus de mármol de Paros que surge de entre los escombros de una ciudad incendiada.
—Hay una mujer debajo, exclamó Porbus, haciendo notar a Poussin las capas de pintura que el anciano pintor había superpuesto sucesivamente creyendo perfeccionar su cuadro.
Los dos pintores se volvieron espontáneamente hacia Frenhofer, empezando a comprender, pero vagamente, el éxtasis en que vivía.
—Actúa de buena fe, dijo Porbus.
—Sí, querido amigo, exclamó el anciano despertándose, es preciso tener fe, fe en el arte, y vivir durante mucho tiempo con su obra para producir una creación semejante. Algunas de esas sombras me han costado enormes trabajos. Por ejemplo, hay en la mejilla, debajo de los ojos, una ligerísima penumbra que, si usted la observa en la naturaleza, le parecerá casi intraducible. Pues bien, ¿creerá usted que producir ese efecto me ha costado esfuerzos inauditos? Pero también, querido Porbus, mira con atención mi obra y así comprenderás mejor lo que te decía con respecto a la manera de tratar el modelado y los contornos. Mira la luz del seno y comprueba cómo, gracias a una serie de pinceladas y resaltos muy pastosos, he logrado atrapar la luz verdadera y combinarla con la brillante blancura de los tonos claros; y cómo por medio de un trabajo contrario, borrando los salientes y el grano de la pasta, he podido, a fuerza de acariciar el contorno de mi figura, sumergido en las medias tintas, apartar hasta la idea de dibujo y de medios artificiales, y darle el aspecto y la redondez de la naturaleza. Acercaos, así miraréis mejor ese trabajo. De lejos, desaparece. ¿Os dais cuenta? Aquí, creo, resulta sumamente notable.
Y con la punta de su brocha mostraba a los dos pintores un amasijo de pintura clara.
Porbus dio una palmada al hombro del anciano y, volviéndose hacia Poussin, dijo: «¿Sabe usted que vemos en él a un gran pintor?»
—Es aún más poeta que pintor, respondió Poussin gravemente.
—Aquí, exclamó Porbus tocando el lienzo, termina nuestro arre sobre la tierra.
—Y de aquí sube a perderse en el cielo, dijo Poussin.
—¡Cuántos goces sobre este trozo de lienzo! exclamó Porbus.
El anciano absorto no los oía y seguía sonriéndose con la mujer imaginaria.
—Pero tarde o temprano se dará cuenta de que no hay nada sobre su lienzo, exclamó Poussin.
—¡Nada sobre mi lienzo! dijo Frenhofer mirando por turno a los dos pintores y a su supuesto cuadro.
—¡Qué ha hecho usted! le dijo Porbus a Poussin.
El anciano agarró con fuerza el brazo del joven y le dijo: «Tú no ves nada, ¡palurdo, bellaco, bribón, granuja! ¿Por qué entonces subiste hasta acá! Mi querido Porbus, continuó, volviéndose hacia el pintor, ¿se mofará usted también de mí? ¡Responda! Soy su amigo, ¿habré echado a perder mi cuadro?»
Porbus, indeciso, no se atrevió a decir nada; pero la angustia dibujada sobre la pálida fisonomía del anciano era tan cruel, que le mostró el lienzo diciéndole: «¡Mire usted!»
Frenhofer contempló su cuadro un momento y se tambaleó.
—¡Nada, nada! ¡Y trabajé diez años!
Se sentó y se puso a llorar.
—¡Soy entonces un imbécil, un loco! ¡Sin talento, ni capacidad! ¡Ya no soy entonces sino un hombre rico que, cuando camina, no hace sino caminar! ¡No habré entonces producido nada!
Contempló su lienzo con los ojos llenos de lágrimas, se levantó de repente con gran orgullo y lanzó a los dos pintores una mirada enardecida.
—¡Por la sangre, el cuerpo y la cabeza de Cristo! ¡Sois unos celosos, que me quieren hacer creer que está echada a perder para robármela! ¡Yo la veo! gritó. ¡Es maravillosamente bella!]

El continuo ejercicio impostergable

Sobre el doblaje, de Jorge Luis Borges publicado inicialmente en el número 128 de la revista Sur, de junio de 1945 y recogido en una edición posterior de Discusión junto a otras notas del estilo.

Las posibilidades del arte de combinar no son infinitas, pero suelen ser espantosas. Los griegos engendraron la quimera, monstruo con cabeza de león, con cabeza de dragón, con cabeza de cabra; los teólogos del siglo II, la Trinidad, en la que inextricablemente se articulan el Padre, el Hijo y el Espíritu; los zoólogos chinos, el ti yiang, pájaro sobrenatural y bermejo, provisto de seis patas y cuatro alas, pero sin cara ni ojos; los geómetras del siglo XIX, el hipercubo, figura de cuatro dimensiones, que encierra un número infinito de cubos y que esta limitada por ocho cubos y por veinticuatro cuadrados. Hollywood acaba de enriquecer ese vano museo teratológico; por obra de un maligno artificio que se llama doblaje, propone monstruos que combinan las ilustres facciones de Greta Garbo con la voz de Aldonza Lorenzo. ¿Cómo no publicar nuestra admiración ante ese prodigio penoso, ante esas industriosas anomalías fonético-visuales?
Quienes defienden el doblaje, razonaran (tal vez) que las objeciones que pueden oponérsele pueden oponerse, también, a cualquier otro ejemplo de traducción. Ese argumento desconoce, o elude, el defecto central: el arbitrario injerto de otra voz y de otro lenguaje. La voz de Hepburn o de Garbo no es contingente; es, para el mundo, uno de los atributos que las definen. Cabe asimismo recordar que la mímica del inglés no es la del español*.
Oigo decir que en las provincias el doblaje ha gustado. Trátase de un simple argumento de autoridad; mientras no se publiquen los silogismos de los connaiseurs de Chilecito o de Chivilcoy, yo, por lo menos, no me dejaré intimidar. También oigo decir que el doblaje es deleitable, o tolerable, para los que no saben inglés. Mi conocimiento del inglés es menos perfecto que mi desconocimiento del ruso; con todo, yo no me resignaría a rever Alexander Nevsky en otro idioma que el primitivo y lo vería con fervor, por novena o décima vez, si dieran la versión original, o una que yo creyera la original. Esto último es importante; peor que el doblaje, peor que la sustitución que importa el doblaje, es la conciencia general de una sustitución, de un engaño.
No hay partidario del doblaje que no acabe por invocar la predestinación y el determinismo. Juran que ese expediente es el fruto de una evolución implacable y que pronto podremos elegir entre ver films doblados y no ver films. Dada la decadencia mundial del cinematógrafo (apenas corregida por alguna solitaria excepción como La máscara de Demetrio), la segunda de esas alternativas no es dolorosa. Recientes mamarrachos —pienso en El diario de un nazi, de Moscú, en La historia del doctor Wassell, de Hollywood— nos instan a juzgarla una suerte de paraíso negativo. Sight-seeing is the art of disappointment, dejó anotado Stevenson; esa definición conviene al cinematógrafo y, con triste frecuencia, al continuo ejercicio impostergable que se llama vivir.

* Más de un espectador se pregunta: Ya que hay usurpación de voces ¿por qué no también de figuras? ¿Cuándo será perfecto el sistema? ¿Cuándo veremos directamente a Juana González, en el papel de Greta Garbo, en el papel de la Reina Cristina de Suecia?

De l’usage de se vestir

Leyendo las Notas sobre el cinematógrafo de Robert Bresson encuentro una mención al capítulo XXI del Libro I de los Essais de Montaigne (De la costumbre de vestirse). Busco en una edición en español y aparece en el capítulo XXXV, mientras que en la francesa en el XXXVI, insoldables (y triviales) misterios.

Ou que je vueille donner, il me faut forcer quelque barriere de la coustume, tant ell’ a soigneusement bridé toutes nos avenues. Je devisoy, en cette saison frileuse, si la façon d’aller tout nud de ces nations dernierement trouvées, est une façon forcée par la chaude temperature de l’air, comme nous disons des Indiens et des Mores, ou si c’est l’originele des hommes. Les gens d’entendement, d’autant que tout ce qui est soubs le ciel, comme dit la saincte parole, est subject à mesmes loix, ont accoustumé, en pareilles considerations à celles icy, où il faut distinguer les loix naturelles des controuvées, de recourir à la generalle police du monde, où il n’y peut avoir rien de contrefaict. Or, tout estant exactement fourny ailleurs de filet et d’éguille pour maintenir son estre, il est, à la verité, mécreable que nous soyons seuls produits en estat deffectueux et indigent, et en estat qui ne se puisse maintenir sans secours estrangier. Ainsi je tiens que, comme les plantes, arbres, animaux et tout ce qui vit, se treuve naturellement equippé de suffisante couverture, pour se deffendre de l’injure du temps,

Proptereaque ferè res omnes aut corio sunt,
Aut seta, aut conchis, aut callo, aut cortice tectae,

aussi estions nous ; mais, comme ceux qui esteignent par artificielle lumiere celle du jour, nous avons esteint nos propres moyens par les moyens empruntez. Et est aisé à voir que c’est la coustume qui nous faict impossible ce qui ne l’est pas : car, de ces nations qui n’ont aucune connoissance de vestemens, il s’en trouve d’assises environ soubs mesme ciel que le nostre ; et puis la plus delicate partie de nous est celle qui se tient tousjours descouverte :les yeux, la bouche, le nez, les oreilles ; à noz contadins, comme à noz ayeulx, la partie pectorale et le ventre. Si nous fussions nez avec condition de cotillons et de greguesques, il ne faut faire doubte que nature n’eust armé d’une peau plus espoisse ce qu’elle eust abandonné à la baterie des saisons, comme elle a faict le bout des doigts et plante des pieds. Pourquoy semble-il difficile à croire ? Entre ma façon d’estre vestu, et celle d’un païsan de mon païs, je trouve bien plus de distance qu’il n’y a de sa façon à un homme qui n’est vestu que de sa peau. Combien d’hommes, et en Turchie sur tout, vont nuds par devotion. Je ne sçay qui demandoit à un de nos gueux qu’il voyoit en chemise en plain hyver, aussi scarrebillat que tel qui se tient emmitonné dans les martes jusques aux oreilles, comme il pouvoit avoir patience : Et vous, monsieur, respondit-il, vous avez bien la face descouverte ; or moy, je suis tout face. Les Italiens content du fol du Duc de Florence, ce me semble, que son maistre s’enquerant comment, ainsi mal vestu, il pouvoit porter le froid, à quoy il estoit bien empesché luy mesme : Suivez, dict-il, ma recepte de charger sur vous tous vos accoustremens, comme je fay les miens, vous n’en souffrirez non plus que moy. Le Roy Massinissa jusques à l’extreme vieillesse ne peut estre induit à aller la teste couverte, par froid, orage et pluye qu’il fit. Ce qu’on dit aussi de l’Empereur Severus. Aux batailles données entre les Aegyptiens et les Perses, Herodote dict avoir esté remarqué et par d’autres et par luy, que, de ceux qui y demeuroient morts, le test estoit sans comparaison plus dur aux Aegyptiens qu’aux Persiens, à raison que ceux icy portent leurs testes tousjours couvertes de beguins et puis de turbans, ceux-là rases des l’enfance et descouvertes. Et le roy Agesilaus observa jusques à sa decrepitude de porter pareille vesture en hyver qu’en esté. Caesar, dict Suetone, marchoit tousjours devant sa troupe, et le plus souvent à pied, la teste descouverte, soit qu’il fit Soleil ou qu’il pleut ; et autant en dict on de Hannibal,

tum vertice nudo
Excipere insanos imbres caelique ruinam.

Un Venitien qui s’y est tenu long temps, et qui ne fait que d’en venir, escrit qu’au Royaume du Pégu, les autres parties du corps vestues, les hommes et les femmes vont tousjours les pieds nuds, mesme à cheval. Et Platon conseille merveilleusement, pour la santé de tout le corps, de ne donner aux pieds et à la teste autre couverture que celle que nature y a mise. Celuy que les Polonnois ont choisi pour leur Roy apres le nostre, qui est à la verité un des plus grands Princes de nostre siecle, ne porte jamais gans, ny ne change, pour hyver et temps qu’il face, le mesme bonnet qu’il porte au couvert. Comme je ne puis souffrir d’aller desboutonné et destaché, les laboureurs de mon voisinage se sentiroient entravez de l’estre. Varro tient que, quand on ordonna que nous tinsions la teste descouverte en presence des Dieux ou du Magistrat, on le fit plus pour nostre santé, et nous fermir contre les injures du temps, que pour compte de la reverence.

Et puis que nous sommes sur le froid, et François accoustumez à nous biguarrer (non pas moy, car je ne m’habille guiere que de noir ou de blanc, à l’imitation de mon pere), adjoustons, d’une autre piece, que le Capitaine Martin du Bellay dict, au voyage de Luxembourg, avoir veu les gelées si aspres, que le vin de la munition se coupoit à coups de hache et de coignée, se debitoit aux soldats par poix, et qu’ils l’emportoient dans des paniers. Et Ovide, à deux doigts prez :

Nudaque consistunt formam servantia testae
Vina, nec hausta meri, sed data frusta bibunt.

Les gelées sont si aspres en l’emboucheure des Palus Maeotides, qu’en la mesme place où le Lieutenant de Mithridates avoit livré bataille aux ennemis à pied sec et les y avoit desfaicts, l’esté venu il y gaigna contre eux encore une bataille navale. Les Romains souffrirent grand desadvantage au combat qu’ils eurent contre les Carthaginois près de Plaisance, de ce qu’ils allerent à la charge le sang figé et les membres contreints de froid, là où Annibal avoit faict espandre du feu par tout son ost, pour eschauffer ses soldats, et distribuer de l’huyle par les bandes, afin que, s’oignant, ils rendissent leurs nerfs plus souples et desgourdis, et encroustassent les pores contre les coups de l’air et du vent gelé qui tiroit lors. La retraite des Grecs, de Babylone en leur païs, est fameuse des difficultez et mesaises qu’ils eurent à surmonter. Cette cy en fut, qu’accueillis aux montaignes d’Armenie d’un horrible ravage de neiges, ils en perdirent la connoissance du païs et des chemins, et, en estant assiegés tout court, furent un jour et une nuit sans boire et sans manger, la plus part de leurs bestes mortes ; d’entre eux plusieurs morts, plusieurs aveugles du coup du gresil et lueur de la neige, plusieurs stropiés par les extremitez, plusieurs roides, transis et immobiles de froid, ayants encore le sens entier. Alexandre veit une nation en laquelle on enterre les arbres fruittiers en hiver, pour les defendre de la gelée. Sur le subject de vestir, le Roy de la Mexique changeoit quatre fois par jour d’accoustremens, jamais ne les reiteroit, employant sa desferre à ses continuelles liberalitez et recompenses ; comme aussi ny pot, ny plat, ny ustensile de sa cuisine et de sa table ne luy estoient servis à deux fois.

[Traducción de Constantino Román y Salamero: Cualquiera que sea el asunto de que yo trate, siempre me precisa ir en algún respecto contra los usos recibidos; en tal grado éstos han tomado todas las- avenidas. Reflexionaba yo en esta fría estación del año si la costumbre de ir completamente desnudos en esas naciones últimamente descubiertas, la determina la temperatura cálida del aire, como vemos en los indios y en los moros, o si obedece a natural necesidad del hombre. Las gentes de entendimiento se han hecho con frecuencia consideraciones parecidas, puesto que todo cuanto cobija la bóveda celeste, como dice al Sagrada Escritura, está sujeto a las mismas leyes, entre las cuales se trata de distinguir las que son naturales de las que fueron falseadas, y de recurrir para buscar la razón primordial de las cosas al general gobierno del mundo, donde nada contrahecho puede haber. De suerte que, hallándose todos los seres vivos provistos de aguja o hilo para cubrir sus desnudeces, no es creíble que seamos sólo nosotros los que no podamos subsistir sin extraño auxilio. Así yo entiendo que como las plantas, los árboles, los animales y o por cuanto vive se encuentra por la naturaleza dotado de suficiente cobertura para defenderse de las injurias del tiempo, Proptercaque fere res omnes, aut corio sunt / aut seta, aut conchis, aut callo, aut cortice, tectaede igual beneficio gozábamos nosotros, pero como aquellos que  prescinden de la luz del día para servirse de la artificial, hemos ahogado nuestros medios naturales para echar mano de los ajenos. // Es bien fácil convencerse de que la costumbre es la que nos hace imposible lo que en realidad no lo es, pues entre los pueblos que desconocen toda clase de vestidos los hay que están situados bajo un cielo semejante al nuestro, y también existen otros en que la temperatura es más ruda que la de nuestros climas. Consideremos además que las partes más delicadas de nuestro cuerpo las llevamos siempre al descubierto: los ojos, la boca, las narices y las orejas; y nuestros campesinos, como nuestros abuelos, llevan desnudos el pecho y el vientre. Si hubiéramos venido al mundo con el deber de vestir refajos y gregüescos, la naturaleza nos hubiera armado de una piel más resistente en el resto del cuerpo para soportar las intemperies, como ocurre con las yemas de los dedos y las plantas de los pies. Entre mi traje y el de un labriego de mi país encuentro mayor diferencia que entre su vestido y el de un hombre que va completamente desnudo. ¡Cuántos hombres hay, en Turquía sobre todo, que van en cueros vivos por practicar un acto devoto! No recuerdo quién preguntaba a un mendigo, a quien veía en camisa en pleno invierno, tan alegre como cualquiera otro que se tapa hasta las orejas, cómo podía vivir con tan ligero traje. «Usted, señor, respondió el interpelado, tiene la faz descubierta; pues bien suponga que yo soy todo faz.» Cuentan los italianos del bufón del duque de Florencia, que, preguntado por su amo cómo yendo tan mal ataviado podía resistir el frío, que él apenas soportaba, respondió: «Seguid mi ejemplo; echaos encima todos vuestros vestidos, como hago yo con los míos, y no tendréis frío ninguno.» El rey Masinisa no pudo nunca acostumbrarse a llevar cubierta la cabeza hasta que llegó a la vejez extrema, y soportaba así el frío, las tormentas y las lluvias. Lo propio se cuenta del emperador Severo. Refiere Herodoto, que en los combates de los egipcios y los persas, entre los que morían por haber recibido heridas en el cráneo, oponían mucha mayor resistencia los primeros que los segundos, en atención a que éstos llevaban siempre sus cabezas cubiertas con gorros y turbantes. Los egipcios llevaban las suyas rapadas desde la infancia y siempre a la intemperie. El rey Agesilao vistió siempre igual traje en invierno y en verano hasta la vejez más caduca. Según Suetonio, César marchaba constantemente a la cabeza de sus tropas, generalmente a pie, sin nada en la cabeza, lo mismo cuando hacía sol que cuando llovía. Otro tanto se dice de Aníbal, Tum vertice nudo / excipere insanos imbres, caelique ruinam. // Un veneciano que acaba de llegar del Perú, donde ha permanecido largo tiempo escribe que en aquellas regiones las gentes van descalzas hasta cuando cabalgan, y llevan cubiertas las demás partes del cuerpo. Platón aconseja expresamente, que para la conservación de la salud lo mejor de todo es llevar desnudos los pies y la cabeza. El monarca que los polacos han elegido para que los gobierne, después del nuestro, y que es en verdad uno de los príncipes más grandes de nuestro siglo, no lleva nunca guantes; así en invierno como en verano usa el mismo bonete en la calle con que se cubre la cabeza en su casa. De la propia suerte que yo no puedo tolerar el ir desabotonado ni con los vestidos sueltos, los jornaleros de mi vecindad se violentarían si lo fueran. Dice Varrón que al ordenar que permanezcamos con la cabeza descubierta en presencia de los dioses o del magistrado, se atiende más a nuestra salud y a fortalecernos contra las injurias del tiempo que al respeto y reverencia. Y puesto que hablamos del frío, y como franceses estamos habituados a abígarrarnos (aunque esto no reza conmigo, pues no me visto sino de negro o de blanco, a imitación de mi padre) añadamos otro sucedido. Refiere el capitán Martín del Bellay que en su viaje al Luxemburgo vio heladas tan terribles, que el vino de la guarnición se cortaba a hachazos y se pesaba al entregarlo a los soldados, que lo llevaban en cestos. Y Ovidio: Nudaque consistunt formam servantia testae / vina, nec hausta meri, sed data frusta, bibunt. // Las heladas son tan rudas en la embocadura del Palus Meotides, que en el mismo lugar en que el lugarteniente de Mitrídates libró a pie enjuto una batalla contra sus enemigos, llegado el verano ganó contra los mismos un combate naval. Los romanos experimentaron desventaja grande en el que sostuvieron contra los cartagineses cerca de Plasencia por haber entrado en la lid con la sangre congelada y los miembros ateridos por el frío; mientras que Aníbal mandó hacer hogueras para que se calentaran sus soldados, y además distribuyó aceite entre ellos a fin de que se untaran y vivificaran sus nervios, y también para que se cerrasen los poros contra el cierzo helado que reinaba. // La retirada de los griegos de Babilonia a su país es famosa por las dificultades y trabajos que tuvieron que vencer. Sorprendidos en las montañas de Armenia por una horrible tempestad de nieves, perdieron el conocimiento del lugar en que se hallaban y el de los caminos; y viéndose detenidos de pronto, permanecieron un día y una noche sin comer ni beber. La mayor parte de los animales que llevaban sucumbieron, y también muchos hombres; a otros cegó el granizo y el resplandor de la nieve; otros se quedaron cojos y muchos transidos, rígidos o inmóviles, conservando entera la lucidez de sus facultades. // Alejandro vio una nación en que se enterraban los árboles frutales durante el invierno para resguardarlos de las heladas. En nuestro país podemos también ver igual costumbre. En punto a trajes, el rey de Méjico cambiaba cuatro veces al día sus vestiduras; nunca se servía de uno mismo dos veces, y empleaba tan gran deshecho en sus continuas liberalidades y recompensas. Tampoco usaba más que una sola vez de los jarros, platos y otros utensilios de mesa y cocina.]