El Dolor

Fragmento del ensayo de León Bloy La Douleur, que forma parte de la recopilación póstuma Dans les ténèbres.

La Douleur! voilà donc le grand mot! Voilà la solution de toute vie humaine sur la terre! le tremplin de toutes les supériorites, le crible de tous les mérites, le critérium infaillible de toutes les beautés morales! On ne veut absolument pas comprendre que la douleur est nécessaire. Ceux qui disent que la douleur est utile n’y comprennent rien. L’utilitésuppose toujours quelque chose d’adjectif et de contingent et la douleur est “nécessaire”. Elle est l’axe vertébral, l’essence même de la vie morale. L’amour se reconnaît à ce signe et quand ce signe lui manque, l’amour n’est qu’une prostitution de la force ou de la beauté. Je dis que quelqu’un m’aime, lorsque ce quelqu’un accepte de souffrir par moi ou pour moi. Autrement ce quelqu’ian qui prétend m’aimer n’est qu’un usurier sentimental qui veut installer son vil négoce dans monf cœur. Une âme fière et généreuse recherche la douleur avec emportement, avec délire, Lorsqu’une épine la blesse, elle appuie sur cette épine pour ne rien perdre de la volupté d’amour qu’elle peut lui donner, en la déchirant plus profondément. Notre Sauveur Jésus, Lui, a tellement souffert pour i nous qu’il a fallu très certainement qu’il se fît un accommodement entre son Père et Lui pour qu’il nous fût permis, dans la suite, de parler seulement de Sa Passion et pour! Que la simple mention de ce Fait ne fûl pas un blasphème d’une énormité à faire tomber le monde en poussière!

[Traducción de Luis Cayo Pérez Bueno: ¡El Dolor, palabras mayores! ¡He ahí el camino para toda vida humana sobre la tierra, el ápice de toda preeminencia, el cedazo de todo mérito, el criterio infalible de todo adorno moral! Nos resistimos a creer que el dolor es completamente necesario; desbarran quienes afirman que el dolor es útil. La utilidad tiene siempre carácter adjetivo y contingente, mas el dolor es “necesario”. Es la espina dorsal, la médula de la vida moral. El amor se reconoce en esa señal y cuando esa señal falta, el amor no es más que la prostitución de la fuerza o de la belleza. Alguien me ama cuando ese alguien acepta sufrir por mí o por mi causa. En otro caso, ese alguien que pretende amarme no es sino un usurero sentimental que desea establecer su ruin negocio en mi corazón. Una alma noble y desprendida persigue arrebatadamente, con delirio, el dolor. Cuando una espina la hiere, la clava aún más para no perder ni un adarme de la amorosa voluptuosidad que ésta puede proporcionarle, desgarrándola más profundamente. ¡Nuestro Salvador Jesús padeció a tal extremo por nosotros que fue preciso, no cabe duda, un convenio entre su Padre y Él para que no nos fuese vedado, en adelante, referirnos sin más a su Pasión y para que la mera mención de ese Hecho no constituyera una blasfemia tan enorme que redujera el mundo a polvo!]